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Ludmila Berlinskaïa

Piano

Ludmila Berlinskaïa est née d’une mère avocate et d’un père musicien : le violoncelliste Valentin Berlinsky, fondateur du Quatuor Borodine.

Durant toute son enfance, elle profite de la présence autour de ses parents de nombreux artistes et personnalités de l’intelligentsia russe, comme les compositeurs Mieczysław Weinberg, Dmitri Chostakovitch, Alfred Schnittke, Sofia Goubaïdoulina ; les interprètes Mstislav Rostropovitch, David Oïstrakh, Daniil Chafran, Yakov Zak, Alexandre Goldenweiser, Yakov Flier ; les chefs d’orchestre Iouri Temirkanov, Evgeny Svetlanov, Guennadi Rojdestvenski, Dmitri Kitaïenko ; les peintres Anatoli Zverev, Nikolaï Silis, Vadim Sidur, Vladimir Lemporte, Rustam Hamdamov, Dmitri Krasnopevtsev, l’écrivain Alexandre Soljenitsyne ou l’académicien Andreï Sakharov.

Ludmila Berlinskaïa commence le piano à l’âge de cinq ans et intègre un an plus tard l’Ecole Gnessine dans la classe d’Anna Kantor, connue notamment pour avoir enseigné à Evgeny Kissin et à Nikolaï Demidenko. À 17 ans, elle intègre le Conservatoire de Moscou dans la classe de Mikhaïl Voskressenski.

Dès l’âge de 14 ans, elle commence à se produire sur scène avec le Quatuor Borodine ; à 15 ans elle débute avec orchestre et commence à partir en tournée dans toute l’URSS, jouant en solo ou en musique de chambre des pays baltes au Kamtchatka, de l’Ukraine à la Sibérie, avec d’autres jeunes musiciens de talent tels Alexandre Roudine ou Alexandre Kniazev. Dès ses 17 ans, elle joue avec des musiciens de grande renommée tels Youri Bashmet et Viktor Tretiakov, et à 19 ans elle est déjà montée sur les scènes des plus grandes salles d’Union Soviétique, à Moscou, Saint-Pétersbourg, Nijni-Novgorod et autres capitales culturelles.

Tout à fait parallèlement à sa vie musicale se produit un événement majeur : à 13 ans, Ludmila Berlinskaïa est engagée pour jouer l’un des trois rôles principaux du film Le Grand Voyage cosmique (ru) de Valentin Selyanov, qui connait un succès phénoménal et devient l’emblème d’une génération1. Pour le film, elle interprète elle-même les deux chansons principales (Ты мне веришь или нет ; млечный путь), deux tubes composés par Alexeï Rybnikov ; ces chansons populaires ont continué d’être diffusées très souvent à la radio en Russie depuis lors, jusqu’à maintenant. Par la suite, Ludmila Berlinskaïa reçoit de nombreuses propositions de tournage, toutes refusées au profit de la musique.

À quinze ans, Ludmila Berlinskaïa entre dans le cercle privilégié qu’est l’entourage de Sviatoslav Richter. Choisie et protégée par lui-même, elle le considère comme un père spirituel et s’imprègne de l’atmosphère créatrice qui règne autour de cet immense artiste. Durant cette période, de la fin des années 1970 et du début des années 1980, elle est même la tourneuse de pages attitrée du maître, une notoriété un peu particulière2. Outre l’influence personnelle de Sviatoslav Richter qui marquera beaucoup ses choix futurs, Ludmila Berlinskaïa profite de cette proximité grâce à laquelle elle fréquente de nombreux artistes comme Youri Borissov, Evgeny Mravinsky, Galina Oulanova, Boris Pokrovsky, Ivan Kozlovski, Dietrich Fischer-Dieskau, Peter Schreier, Christoph Eschenbach, Vladimir Vassiliev, Stanislav Neuhaus, Natalia Gutman, Oleg Kagan, Innokenti Smoktounovski, etc.

Elle participe beaucoup notamment au festival créé par Richter au Musée des beaux-arts Pouchkine : le festival des « Nuits de Décembre », dont la programmation chaque année est intimement liée à un sujet et une exposition organisée par le musée dans la salle où se tiennent les concerts.

Parmi ses nombreuses participations à ce festival, on notera qu’elle a joué à quatre mains avec Sviatoslav Richter lors de l’édition de 1985, et qu’elle l’a remplacé au dernier moment dans la partie piano de l’opéra de Britten Le Tour d’Ecrou.

Bien connu pour ses réticences à l’endroit des concours, Richter incite Ludmila Berlinskaïa à ne pas s’engager dans cette voie. Malgré quelques expériences, toutes soldées par des 1er prix (Premiers Prix du concours de musique de chambre de Paris et de Florence ; Prix Leonardo), elle suit ses conseils et renonce à se présenter aux principaux concours internationaux.

C’est chez Richter qu’elle rencontre Vladimir Ziva, jeune chef d’orchestre. Ils se marient et ont un fils, Dmitri Berlinski, à ne pas confondre avec son homonyme violoniste. Le fils de Ludmila Berlinskaïa est aujourd’hui violoncelliste professionnel, ayant étudié avec Pavel Gomziakov, Natalia Chakhovskaïa, Roland Pidoux.

Au début des années 1990, Ludmila Berlinskaïa s’installe à Paris avec son deuxième époux, Anton Matalaev, premier violon du Quatuor Anton, qui vient de remporter le Grand Prix du Concours d’Évian. C’est à Paris que Ludmila Berlinskaïa commence à jouer régulièrement avec Mstislav Rostropovitch en Europe. Après leur premier concert à l’Hôtel de Ville de Paris, Mme Chirac, alors femme du Maire, offre à Ludmila Berlinskaïa la possibilité de créer un festival, Salon Musical Russe.

Anton Matalaev et Ludmila Berlinskaïa ont une fille, Macha Matalaev, née en 1991. Anton Matalaev décède en 2002.

Les années 90 sont riches de rencontres et d’une intense activité de concertiste. Ludmila Berlinskaïa se produit en récital et en musique de chambre dans de grandes salles internationales telles que Wigmore Hall et Barbican Hall à Londres, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Théâtre des Champs Élysées et Salle Gaveau à Paris, au Conservatoire de Moscou, à la Fenice de Venise, aux Académies Royales de Bruxelles et de Madrid, et dans de très nombreux Festivals.

Grande spécialiste de musique de chambre, elle est sollicitée par de nouveaux partenaires tels Gautier Capuçon, Henri Demarquette, David Geringas, Alain Meunier, Pavel Gomziakov, Philippe Muller, Dominique de Williencourt, Gérard Poulet, Sarah Nemtanu, Gérard Caussé, Jean-Marc Luisada, François-René Duchâble, Paul Meyer, le Quatuor Modigliani, le Quatuor Orlando, le Quatuor Danel, The Fine Arts Quartet, le Quatuor de Saint-Pétersbourg, le Quatuor Ardeo, le Quintette Moraguès et d’autres ensembles prestigieux.

Ludmila Berlinskaïa est considérée comme une des grandes spécialistes de la musique de Chostakovitch, ayant joué toute sa musique de chambre avec piano, avec des partenaires prestigieux, et même les œuvres les plus rares ou inédites.

En 2001, elle crée son deuxième Festival, “Printemps Musical à Paris”, qui se déroule dans différentes salles de Paris. Il produit entre autres la création parisienne de Prométhée d’Alexandre Scriabine, et pour la première fois après George Balanchine à Paris, l’Aubade de Poulenc avec danseur.

Parallèlement à ses activités de concertiste, Ludmila Berlinskaïa enseigne depuis 2006 à l’École Normale de Musique de Paris “Alfred Cortot”3.

En juin 2009, elle fonde l’Association Berlinsky à la suite du décès de Valentin Berlinsky le 15 décembre 2008.

En 2011, elle crée un duo de pianos en compagnie de son époux et pianiste français Arthur Ancelle4. Leur premier disque paraît dès le printemps 2012 chez « Saphir Productions », consacré à des œuvres de Piotr Ilitch Tchaïkovski et remporte plusieurs récompenses5,6,7,8. Le deuxième album, consacré aux ballets de Serge Prokofiev, paraît en 2014 avec le label « Melodiya » : c’est le premier enregistrement entièrement produit et réalisé par Melodia depuis la chute de l’URSS. Leur troisième album, consacré à Liszt et Saint-Saëns, comprend la version de la célèbre Sonate en si mineur dans la transcription pour deux pianos de Saint-Saëns, et Après une lecture du Dante dans celle d’Arthur Ancelle9.

Ludmila Berlinskaïa est la codirectrice artistique d’un nouveau festival de musique dans le Loir et Cher, “La Clé des Portes”10, créé sous l’impulsion du Club d’Entreprises des Portes de Chambord.

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludmila_Berlinska%C3%AFa